Les conséquences négatives de la confrontation

Cet article est un extrait de l’article Où mène la confrontation ? paru sur ce même blog. Cet extrait ne présente que les aspects négatifs de la confrontation et devrait donc être complétés avec la prise en compte des arguments en faveur de ce mode d’action.

Avant d’entrer en confrontation non devrions vérifier si le contexte s’y prête, par exemple à travers les réactions publiques aux précédentes actions similaires :

  • Si nous visons une confrontation par la force, avons nous des chances de l’emporter ?
  • Notre lutte est-elle tellement ignorée que toute visibilité, même sous un mauvais jour, lui serait bénéfique ?
  • Avons-nous un soutien public assez important pour espérer susciter l’intérêt des législateurs ?
  • Bénéficions-nous d’une base suffisamment large de militants pour que la mobilisation soit une démonstration de force et non de faiblesse ?
  • La confrontation va-t-elle créer un espace médiatique propice à la diffusion de nos idées plutôt que discréditer notre mouvement ?
  • La confrontation va-t-elle obtenir le soutien du public et valoriser l’attitude militante plutôt que renforcer les stéréotypes péjoratifs et décourager la militance ?
  • L’hostilité de l’opinion publique face à notre mouvement est-elle assez faible pour ne pas créer (trop) de militants réactionnaires à notre mouvement ?

Les actions confrontationnelles, par leur impact médiatique, peuvent avoir des conséquences très importantes sur le mouvement. Chacune d’entre nous a la responsabilité d’entreprendre ou de ne pas entreprendre des actions confrontationnelles en fonction du contexte. Ne pas agir dans un contexte opportun et ne pas faire bénéficier le mouvement de ces actions est aussi dramatique que d’agir dans un contexte défavorable et faire porter le fardeau de l’échec sur les victimes du spécisme.

Si nous n’accusons pas toutes les personnes qui pourraient agir positivement mais ne font rien, il n’y a pas plus de raisons d’accuser les personnes qui agissent et n’obtiennent pas les résultats escomptés. En revanche, il est important de prévenir au maximum les actions pouvant nuire aux animaux en donnant une bonne visibilité de la diversité d’actions qui s’offrent à nous et de leurs possibles conséquences en fonction du contexte, afin de prévenir les potentielles erreurs.

Il est important de rappeler que les animaux ne sont pas en situation de se défendre eux-même et que le mouvement animaliste soutenu par les humains est leur seule chance. Pénaliser le mouvement sur le long terme en visant des objectifs à court terme, c’est retarder des réformes qui auraient pu diminuer le nombre de victimes ou les sévices leur étant infligées. A plus long terme, c’est aussi retarder l’abolition de l’exploitation animale.

La liste suivante propose sommairement quelques conséquences négatives possibles de la confrontation dans un contexte défavorable. Il est évidemment impossible de connaître avec certitude les conséquences sociales d’un acte. En revanche, plus un contexte est négatif, plus les conséquences négatives seront probables et intenses. Notez qu’un cercle vicieux peut facilement apparaître : de nombreuses conséquences négatives (notées *) entraînent une aggravation du contexte, qui renforcera les conséquences négatives de actions confrontationnelles suivantes.

  • Hostilité de l’opinion publique*
    La confrontation renforce la polarisation autour de la question animale. Les personnes opposées aux revendications animalistes n’en seront que plus hostiles. Le degré perçus de la violence et de son illégitimité (hors auto-défense, violence institutionnelle ou encore habituelle…) tendent à renforcer l’hostilité contre celles qui l’emploient (quelle que soit l’opinion sur la cause défendue). A noter que l’opinion publique est très dépendante de l’avis des médias et des personnes pouvant y exprimer leurs opinions.
  • Perte de crédibilité
    Insensibilisation du public aux arguments et incitations animalistes. Démonstration d’impuissance démobilisant de potentielles militantes.
  • Habituation du public
    Au fil de la répétition des actes confrontationnels, le public est de moins en moins intéressé et les médias relaient de moins en moins l’information. Si la confrontation est volontaire, à dessein d’obtenir une plus grande couverture médiatique, les militantes auront alors tendance à surenchérir dans la confrontation.
  • Incompréhension des objectifs des actes militants*
    On est rarement convaincu par quelqu’un qu’on prend pour son adversaire. Plus l’hostilité publique est grande, moins le public a envie de faire confiance aux animalistes et d’écouter et comprendre leurs arguments.
  • Disposition négative du public*
    Sensibilité accrue menant à voir les actes militants comme plus confrontationnels qu’ils ne le sont réellement.
  • Attrait du public pour ce qui le conforte dans le rejet de l’animalisme*
    Le biais de confirmation entraîne le public à solliciter la parution de contenus les confortant dans leurs opinions. Les médias répondent à la demande en produisant davantage de contenus en défaveur des animalistes (pouvant même tourner à la promotion des cibles de la confrontation). Les bulles de filtres sur internet et les réseaux sociaux privilégient la visibilité des contenus en défaveur des animalistes.
  • Pression du public sur les institutions (politiques ou économiques), les décideuses et les leaders d’opinion*
    Les institutions et personnes souhaitant garder une bonne image publique ont tendance à traiter plus défavorablement les animalistes et leur cause. Il devient plus difficile de trouver des alliées parmi ces cibles et les décisions politiques ou économiques favorables aux animaux et aux animalistes se font plus rares. Les alternatives végétales facilitant le véganisme portent atteinte aux images des marques et sont moins développées. Les militantes réactionnaires à l’animalisme (syndicats pro-exploitation, lobbys, droite dure…) s’organisent pour influencer plus fortement institutions et personnes de pouvoir. Il s’ensuit davantage de prises de paroles et de décisions à l’encontre des intérêts des animaux et des animalistes, renforçant l’hostilité publique.
  • Mesures institutionnelles à l’encontre du mouvement animaliste*
    La pression du public entraîne des prises de décisions conforme à l’intérêt général (humain) ou aux intérêts économiques : Interdiction des manifestations, interdiction des rassemblements ou actions sur la voie publique, interdiction des associations, sanctions pénales pour cause de militantisme (licenciements, amendes, gardes à vues abusives, emprisonnements), pressions ou arrêt des recherches universitaires favorisant l’animalisme (philosophie, sociologie, éthologie…), contrôle des médias (publics ou privés) favorisant les positions anti-animalistes.
  • Actes à l’encontre des militantes
    Plus l’hostilité publique est grande, moins il y a d’indignation morale face au dénigrement des actes et arguments des militantes, ou face à l’agression envers les militantes. Ces actes peuvent être de plus en plus intenses et fréquents suivant le degré d’hostilité : dénigrements, dégradations des commerces ou locaux associatifs, menaces verbales ou physiques, discriminations, violences physiques pouvant aller jusqu’au meurtre.
  • Actes non assumés renforçant l’apparence d’un militantisme honteux*
    Difficultés à agir publiquement et à assumer publiquement sa militance en raison du rejet social rencontré et/ou des actes à l’encontre des militantes.
  • Diminution du nombre de nouvelles sympathisantes et militantes
    Les actes militants sont moins valorisés socialement en tant qu’actes altruistes, mais plus facilement vus comme la tentative d’imposer ses choix à autrui. Militer ou simplement faire part de sa sympathie pour l’animalisme tend à isoler socialement. L’hostilité publique tend à diminuer le nombre de sympathisantes. La pression sociale tend à diminuer le nombre de passage à l’acte militants.
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