Humour et militantisme – Les anti-végans™ sont ridicules, profitons-en !

Si le ridicule ne tue pas (directement), il peut discréditer…

Comme tout mouvement contestataire minoritaire, l’animalisme et ses conséquences concrètes (végétarisme puis véganisme) ont subit un mécanisme de défense de la norme : le ridicule. C’est simple : tout ce qui sort de la norme et relève de l’inattendu peut-être moqué et tourné en dérision, l’incongru étant un des ressorts fondamentaux de l’humour.

Le mouvement animaliste utilise lui-aussi cette arme, non seulement contre les positions défendant qu’il est naturel, normal, nécessaire et donc éthique de manger des animaux (carnisme, pour les intimes), mais aussi contre des positions minoritaires au sein du mouvement (interventionnisme auprès des animaux sauvages, par exemple). L’utilisation de la moquerie est efficace car elle discrédite les positions minoritaires au sein d’un système, et le carnisme est bien une idéologie minoritaire, en véganie !

La dérision ne fait rire que lorsqu’on ne se sent pas attaquée ou mise en danger, lorsqu’elle est perçue comme inoffensive par le public, qui rigole avec l’auteure du contenu moqueur. En revanche, une personne qui croit fermement que son statut de prédateur justifie éthiquement sa consommation de viande (par exemple) ne sera que peu sensible à l’humour de GrrraineOr, si nous souhaitons convaincre quelqu’un, mieux vaut qu’il ne nous prenne pas comme des ennemis à vaincre, mais plutôt comme des alliées avec qui il est possible de rire. On se trouve alors devant un problème : comment mettre en dérision l’absurde des positions carnistes sans antagoniser les simples mangeurs d’animaux ?

Heureusement pour nous, il y a les anti-veganes ! Théorie du complot selon laquelle les grandes entreprises du Net financent L214 pour détruire l’agriculture française; objectif végane de remplacer les vaches, chats et chiens par des robots brouteurs ou domestique; ou encore les fameux animaux acceptant d’être « tués avec respect » en échange de leurs conditions d’élevage. Ajoutons à cela la mauvaise foi classique (croire que les carottes ont une conscience, prendre un lion comme modèle éthique, avoir peur de mourir si on ne mange pas de viande, etc.), et nous avons un tas d’affirmations que tout le monde trouverait ridicules, en dehors d’un contexte où l’on doit justifier sa consommation carnée. Nous avons donc ici de quoi rire en connivence avec n’importe qui, pourvu qu’elle ne ressente pas le besoin de justifier sa consommation de produits animaux.

Comment faire pour que cette personne ne se sente pas ciblée ? Détourner la moquerie non pas les positions de celle qui nous écoute ou nous lit, mais sur la marge de militants anti-véganes virulents sévissant sur internet ou jusque sur les plateaux télés.

Un grand penseur du siècle dernier écrivait : « Bien que nécessaire, l’argumentation rationnelle au sujet du spécisme a quelque chose de frustrant. Car nos adversaires, eux, ne s’embarrassent guère de chercher des arguments qui tiennent debout. Pour eux, le spécisme se passe de justifications rationnelles. »

Si cela reste en partie vrai de nos jours, je crois que ça l’est de moins en moins. La consommation de produits animaux et le spécisme tendent à devenir de vrais sujets de société.
Cependant, l’immense majorité des mangeuses de viande n’ont jamais réellement choisi ce comportement alimentaire, qui leur a été imposé avant même qu’elles sachent parler, puis a été sans cesse réaffirmé par la norme sociale. Une personne étant confrontée pour les premières fois à la mise en question de la consommation de viande (par une actualité parlant de la contestation végane, par exemple) aura tendance à rationaliser à posteriori, en s’auto-justifiant à travers un vague mille-feuille argumentatif dont aucun argument pris individuellement ne tiendrait (effectivement) debout.

Tant que la personne n’a pas à sauver son égo lors d’un débat polarisé avec une animaliste, ce mille feuille argumentatif restera assez fragile et facile à défaire.

Amener cette personne à rire avec nous de ces arguments, dans une situation où elle n’y tient pas vraiment (comme avec une amie ou devant un livre), est le meilleur moyen de fragiliser le mille-feuille de la rationalisation bancale.

L’humour militant est une arme redoutable : il crée une pression sociale sur nos adversaires politiques, par peur du ridicule, et discrédite leurs arguments. Alors ne cherchons pas à rire de la majorité qui mangent des animaux, rions plutôt avec eux des piètres militants que sont les anti-véganes et de leurs arguments les plus foireux !

Illustration d’introduction par Insolente Veggie
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