A-t-on le devoir moral de s’opposer à l’exploitation animale ?

La question centrale sur l’existence d’une oppression animale est : L’animal est il un « autre » convenable pour être sujet de notre altruisme et notre recherche d’équité ?   L’altruisme nous pousse par exemple à rechercher le bien de l’« autre ». La règle d’or de la déontologie demande de « ne pas faire à l’autre ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse ». La morale utilitariste nous pousse à faire en sorte que les conséquences de nos actions maximisent le bien-être et minimise la souffrance de soi et de tous les « autres » pouvant être affecté·e·s.

Hors, si la bienveillance devait être forcément réciproque, la bienveillance envers les personnes que nous ne rencontreront jamais (ex : habitants du bout du monde ou générations futures) ou n’ayant pas les capacités cognitives de nous rendre la pareille (ex : bébés ou personnes ayant un lourd handicap mental) n’existerait pas. Lorsque nous sommes enfants ou que notre propre intérêt ne guide pas nos choix moraux, nous sommes volontiers prêts à admettre qu’il n’est pas moral de faire souffrir un chat ou un lapin. En effet, nous considérons alors que s’il est moral d’éviter la souffrance de l’autre, alors chaque individu pouvant ressentir cette souffrance est un « autre » valable.

Les capacités de conscience, de ressentir des émotions, de faire des choix, ou de ressentir la douleur sont largement répandues dans le règne animal, en particuliers chez les mammifèresles oiseaux ou les poissons. Il ne s’agit pas de capacités binaires, mais d’une graduation de capacités, par exemple à être conscient de sa propre existence ou à ressentir de l’empathie pour d’autres individus. Les découvertes  des dernières décennies des neurobiologistes ou spécialistes des comportements animaux sont par ailleurs passionnantes et enterrent complètement l’idée d’animal-machine formulée par Descartes et ayant facilité l’exploitation animale actuelle.

Si nous prenons en compte l’animal dont nous consommons la chair ou les sécrétions, il devient alors évident que les quelques minutes de plaisir gustatif que nous ressentons ne valent pas les souffrances qu’elles ont infligées durant l’exploitation et la mise à mort d’un animal qui avait la volonté de vivre.

Sur le seul critère de l’espèce, et non sur celui de leurs capacités cognitives ou sensorielles réelles, plus de 60 milliards d’animaux terrestres et de 1000 milliard d’animaux marins sont tués chaque année. Bien souvent, leur exploitation entraîne de telles souffrances que les personnes finançant cette exploitation refusent de s’informer ou de prendre en compte les conséquences de leur financement de cette exploitation, afin d’éviter la culpabilité.

Nul·le n’est libre sans avoir la connaissance des conséquences de ses choix. Il revient donc à chacun·e d’entre nous de se renseigner afin de choisir de s’opposer ou non à l’exploitation animale. C’est la seule solution pour ne plus simplement suivre le « choix par défaut » ou la norme, qui ont toujours rendu « naturelles et normales » les pires injustices et oppressions (religieuses, esclavagistes, homophobes, racistes, sexistes…).

Illustration: portrait de Zébulon, qui doit vivre dans un enclos pour ne pas être victime des chasseurs mais qui ne sera jamais victime de la gastronomie.

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