Money Money Money – l’argent dans notre mouvement

Traduit depuis l’article du Vegan Strategist Money money money in our movement

Les associations – surtout les plus grandes – reçoivent souvent beaucoup de critiques de la part des groupes locaux et des militants individuels, pour toutes sortes de choses. L’une des accusations que l’on lance à ces associations est qu’elles n’agissent que pour l’argent, la collecte de fonds et les dons. Ces associations sont qualifiées de sociétés lucratives ou d’entreprises. Francione, par exemple, s’acharne particulièrement à dénoncer les « gros boutons rouges pour les dons » sur tous les sites web des grosses associations.

Soyons clairs. Je pense que les organisations devraient être aussi transparentes que possible quant aux sources de financement et à la manière dont elles dépensent leur argent. Qu’il s’agisse de choix stratégiques stupides et de mauvaise gestion, de salaires extravagants pour certaines fonctions ou même de corruption pure et simple : ce sont des risques dans tout mouvement, y compris le nôtre. En dehors des malversations intentionnelles, les organisations peuvent parfois devenir moins dynamiques au bout d’un certain temps et se contenter de collecter des fonds pour maintenir leur existence et garder les gens à bord. Les organisations devraient être constamment conscientes de ce risque et peuvent utiliser leurs membres et leurs donateurs pour les aider à ne pas tomber dans cette ornière.

La corruption et l’abus de fonds devraient être dénoncés. La collecte de fonds, cependant, ne devrait évidemment pas l’être. Il n’y a aucune honte à chercher des dons ou à collecter des fonds. Il n’y a pas de honte à avoir de gros budgets. Il n’y a pas de honte à être grand. Au contraire : si ce qui est petit est mignon, dans notre mouvement, plus c’est gros plus c’est beau.

Dans la plupart des organisations, la plus grande partie du budget est consacrée aux frais de personnel (salaires). Et ce n’est pas un soucis. Oui, il est possible d’avoir des associations entièrement composées de bénévoles. Mais en général, elles ne seront pas aussi grandes ou aussi influentes que les organisations qui ont du personnel rémunéré (si vous avez des contres-exemples, ils sont bienvenus).

Beaucoup de gens peuvent investir des heures de bénévolat, mais lorsque vous avez besoin de personnel à temps plein, vous devez leur versez un salaire. Souvent, une organisation a besoin de trouver des personnes ayant une expérience et une expertise professionnelles. Je pense par exemple que la bataille contre les lois visant à bâillonner les lanceurs d’alerte dénonçant les conditions d’élevage ne pourrait être gagnée uniquement avec des bénévoles.

Une autre critique (encore une fois émise par notre ami Francione) est que les organisations choisissent souvent des campagnes (à thème unique) afin de collecter des fonds. Mis à part le fait que je suis sûr que ces cibles sont choisies pour d’autres raisons (comme des raisons stratégiques ou simplement pour soulager la souffrance), je pense qu’il n’y a rien de mal à choisir une cible ou une campagne parce que nous savons que cela permettra de recueillir des fonds. Si nous pouvons amasser beaucoup d’argent pour une campagne anti-fourrure (par exemple), cela peut souvent nous donner de l’argent ou d’autres occasions de travailler aussi sur d’autres sujets.

Et puis qu’insinue-t-on ici ? Que les organisations et leur personnel ne s’intéressent qu’à l’argent pour l’argent ? Que les gens dans les associations veulent de gros salaires, ou veulent faire grandir leurs associations pour satisfaire leur propre ego ? Arrêtons ces foutaises. L’industrie de l’exploitation animale dispose de milliards de dollars. Et on va se plaindre que notre mouvement mondial puisse disposer de quelques centaines de millions de dollars ?

C’est étrange à quel point les gens se méfient de l’argent quand il s’agit d’associations sans but lucratif. Il semble que tout le monde ait le droit de s’en mettre plein les poches en vendant des lessives, des films ou des jeux vidéo, mais pas en agissant de manière altruiste. C’est une idée absurde, et c’est vraiment dommage, en fait, que la façon la plus difficile de gagner sa vie soit d’agir pour les autres. Beaucoup de personnes veulent travailler tout le temps pour les animaux ou une autre bonne cause, mais elles ne peuvent pas, parce qu’il n’y a pas assez d’emplois rémunérés disponibles et qu’elles doivent bien gagner leur vie… Plus il y a d’emplois rémunérés, mieux c’est.

À ceux qui disent qu’on ne peut pas changer les choses avec de l’argent, je dirais : en effet. Mais nous pouvons changer les choses avec des gens engagés, capables de donner 100% de leur temps à la cause. On peut changer les choses avec des pubs télé. Nous pouvons changer les choses par le lobbying. Nous pouvons changer les choses en distribuant des centaines de milliers de brochures. Nous pouvons changer les choses avec des enquêtes d’investigation… Et pour toutes ces choses, nous avons besoin… d’argent.

Collecteurs de fonds, faites votre travail ! Notre mouvement a besoin d’autant d’argent que possible, et nous pouvons faire de grandes choses avec. Et que personne ne vous dise le contraire.

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