Les réformes welfaristes donnent-elles une dynamique ou enlisent-elle le mouvement ? – Les questions fondamentales pour la défense efficace des animaux

Explication : Les réformes de bien-être mènent-elles à une dynamique ou un enlisement vis-à-vis de futurs progrès ? Lorsque les entreprises et les gouvernements s’engagent à respecter des normes de bien-être plus élevées, est-ce que de nouveaux progrès tels que l’augmentation du taux de végétarisme, l’adoption par les entreprises de repas végétaux et l’opposition publique à l’élevage sont plus ou moins probables ?

Vote des experts : Dynamique 7,7/10, Enlisement 2,3/10

Arguments pour un accroissement de la dynamique

  1. Lors de l’adoption d’une réforme de bien être, les gens voient que leur culture se soucie des animaux d’élevage, ce qui peut aider à avoir une identité culturelle en lien avec ce problème, leur permettant de se sentir plus indignés quand ils apprennent que les animaux souffrent encore même dans les soi-disant abattoirs et fermes « respectueux ».
  2. Les militants pour les animaux établissent des liens avec les entreprises, les médias, etc., qui peuvent être utilisés pour faciliter d’autres changements par la suite.
  3. En 2015 et 2016, les réformes de bien-être se sont rapidement succédées [aux Etats Unis], comprenant la transition vers l’abolition de l’élevage en cage, des engagements visant à mettre fin à l’abattage des poussins et des changements de réglementation concernant les poulets élevés pour la viande. [80]
  4. Les taux accrus d’alimentation végétarienne sont associés à une amélioration du bien-être des animaux d’élevage dans les pays de l’UE. [81] Notez qu’il ne s’agit que d’un argument faible, car la corrélation est probablement influencée par d’autres variables augmentant l’attention portée aux animaux. Des corrélations similaires ont été trouvées aux États-Unis et aux Pays-Bas. [82]
  5. De manière anecdotique, il semble que la couverture médiatique des réformes de bien être tende à se concentrer davantage sur les problèmes qui subsistent et sur les progrès à venir que sur la façon dont les choses s’améliorent maintenant ou que sur l’idée d’une consommation de viande  éthiquement plus acceptable [83].
  6. Une étude empirique à petite échelle de Mercy For Animals sur Mechanical Turk a révélé que les répondants ayant lu des textes à propos de réformes welfaristes étaient plus susceptibles d’annoncer une réduction de leur consommation de produits animaux qu’un groupe témoin qui lisait des textes à propos de réformes sans rapport. Cette différence s’appliquait à la fois aux réformes juridiques et concernant les entreprises, testées séparément. [84] Deux études plus petites sur Mechanical Turk ont observé des effets similaires. [85]
  7. Une analyse observationnelle des États-Unis de 1982 à 2008 a montré une association négative entre la couverture médiatique du bien-être des animaux d’élevage et la consommation de viande. De nombreux facteur font cependant que cet argument est moins pertinent. Voir la section Qualifications dans le rapport cité pour plus de détails. [86]
  8. Des preuves empiriques suggèrent que les réformes de l’aide sociale augmentent les coûts de l’élevage, ce qui affaiblit probablement l’industrie et réduit la consommation de produits animaux. Ceci constitue un progrès et rend le public plus réceptif aux futures réformes. [87] L’augmentation des coûts est logique, car si une réforme augmentait les profits, l’industrie la réaliserait probablement sans pression. Il existe cependant un désaccord sur l’ampleur de cette augmentation de prix. [88]
  9. Dans le mouvement anti-esclavage britannique, les militants ont d’abord mené une vaste campagne de réforme législative – abolissant la traite transatlantique des esclaves – afin de profiter d’un plus large soutien du public que s’ils avaient agit directement pour l’élimination de toute l’industrie esclavagiste. Les militants pensaient ainsi affaiblir considérablement  cette dernière. Après ce succès, ils se sont tournés vers l’élimination de l’esclavage antillais. Leur succès donne à penser qu’une réforme majeure influe favorablement sur la dynamique, mais ne fournit pas autant d’indice en faveur de réformes plus modestes. [89]
    1. Il y eu aussi de plus petites réformes de l’industrie, comme la restriction à une journée de travail de 11 heures maximum pour les esclaves, qui semblent avoir causé plus de dynamique que d’enlisement.Il peut cependant être crucial que (1) les militants les aient considéré comme autant d’étapes vers l’élimination de l’industrie plus qu’un but en soi (2) les militants ne les aient pas présentés comme ayant plus d’impact sur les victimes qu’elles n’en avaient, et (3) l’industrie n’ait pas réussi à les mettre pleinement en œuvre (voir point 10a ci-dessous). [90]
  10. Si les entreprises qui utilisent des produits animaux finissent par ne plus vouloir accroître le bien-être des animaux d’élevage, cela pourrait accroître la frustration du public et éventuellement accélérer la réforme légale, surtout si les réformes poursuivies ont renforcé l’opposition du public contre la cruauté envers les animaux d’élevage.
    1. Au-delà de ça, si l’intérêt du public s’est suffisamment développé et que l’industrie résiste à la réglementation légale, le public pourrait admettre que la cruauté à laquelle ils s’opposent ne peut être suffisamment retirée de l’industrie par la réglementation, et admettre que l’industrie doit être abolie. Il y a des indices montrant que c’est ce qui s’est passé dans le mouvement anti-esclavage britannique. [91] [92]
  11. Les campagnes anti-OGM en Europe ont obtenu une série de concessions de la part des détaillants alimentaires et des organismes de réglementation tout au long des années 1990. Ces concessions ne semblent pas avoir atténué l’opposition aux OGM (en effet, le sentiment négatif à l’égard des OGM, tel que reflété par les sondages, n’a cessé d’augmenter en Europe) et l’UE a finalement mis en place un moratoire sur les OGM. Aux États-Unis, où les activistes anti-OGM ont obtenu moins de concessions significatives, l’opposition aux aliments génétiquement modifiés est restée plus faible qu’en Europe et les États-Unis n’ont pas adopté de moratoire sur les cultures génétiquement modifiées [93].
  12. Certains militants pourraient être biaisés contre les réformes en raison de la frustration due à la progression actuelle des changements incrémentaux en faveur des animaux d’élevage, face à leur désir de croire que le mouvement atteindra rapidement ses objectifs.
  13. Les chercheurs de la défense efficace des animaux semblent s’entendre majoritairement pour dire que la dynamique l’emporte probablement sur l’enlisement. [94]

Arguments pour un enlisement du mouvement

  1. Les arguments ci-dessus s’appliquent plus fortement à une dynamique pour les réformes de bien être ultérieures qu’à une dynamique de réduction du nombre d’animaux utilisés pour la nourriture.
  2. En raison à la fois des réformes et du prétendu « bien être » (“humanewashing”)[95] que ces réformes pourraient soutenir, certaines personnes pourraient penser que l’élevage est devenu respectueux et que la cruauté n’existe plus, les rendant plus susceptibles de manger plus de produits animaux et de soutenir la continuation de l’élevage. De même, certaines personnes sachant qu’une grande partie de l’élevage est mauvaise mais achètent des produits nouvellemaccordent commercialisés comme étant « respectueux » en raison de réformes, pourraient éprouver un effet d’auto-validation morale qui les rendrait plus à l’aise pour consommer d’autres produits qu’ils savent moins « respectueux » [96] [97]
    1. Un sondage de 2017 a suggéré que 75% des adultes américains disent que les produits animaux qu’ils achètent «proviennent généralement d’animaux traités avec humanité», bien que moins de 1% des animaux d’élevage américains soient élevés dans des fermes non industrielles. [98]
    2. De manière anecdotique, de nombreux mangeurs de viande justifient leur comportement par l’existence d’élevages « respectueux ». Il n’y a cependant pas beaucoup d’anecdotes sur l’accroissement de cette justification en fonction de la communication faite autour de réformes de bien-être. Comme peu de gens attribuent un comportement dont ils se sentent coupables à des facteurs habituels tels que la pression sociale ou un manque de motivation, de telles justifications devraient être prises avec des pincettes. [99]
  3. Les entreprises pourraient devenir plus réfractaires à de nouvelles réformes après avoir mis en œuvre certains changements, en particulier ceux qui renforcent leur image de manière significative tout en leur coûtant peu.
  4. Promouvoir des réformes plutôt que le remplacement de l’industrie de l’élevage pourrait suggérer que l’élevage est une institution plus permanente, ou renforcer l’idée que les animaux seront toujours une simple propriété à notre disposition.
  5. Les entreprises de l’industrie animale pourraient être en mesure d’influencer et de neutraliser les organisations de défense des animaux en utilisant les relations que les militants construisent avec elles, en particulier en présence d’investissements financiers, de dons ou d’autre dépendance financière.
  6. Les chercheurs de la défense efficace des animaux, en particulier ceux qui ont été fortement impliqués dans les réformes, peuvent être biaisés en faveur de la dynamique que permettraient ces réformes, par optimisme, biais du statu quo ou biais favorable à un impact plus immédiat et tangible.

Argument non tranché

Une analyse observationnelle de la consommation d’œufs pendant la période précédant le vote de la Prop 2 californienne a montré qu’il n’y avait pas de diminution de la consommation d’œufs associée à la couverture médiatique accrue, bien que la demande d’œufs en cage ait eu tendance à diminuer alors que celles des œufs issus d’élevages sans cage augmentait. Il existe plusieurs critères qui diminuent la pertinence de cet argument. Voir la section « Qualifications » du rapport cité pour plus de détails. [100]

Question complémentaire

Dans nos communications publiques, devrions-nous parler des réformes en tant que processus de progrès de l’élevage intensif (ou éventuellement de l’exploitation animale en général) ou en tant qu’objectifs finaux en soi pour l’amélioration de la vie des animaux d’élevage? En conséquence, devrions-nous présenter les succès des campagnes pour les réformes plus comme des «victoires» ou des «progrès»?

 

[80] « Deuxièmement, à partir du bilan limité des réformes de bien-être pour les animaux d’élevage, nous constatons un indice pour la dynamique plutôt que l’enlisement. Une récente vague d’engagements contre l’élevage en cages aux États-Unis a été suivie rapidement par un engagement de United Egg Producers, une coopérative de producteurs d’œufs aux États-Unis, à éliminer progressivement la tuerie des poussins mâles, ce qui suggère que les réformes créent l’impulsion pour de nouvelles réformes. » – Sentience Politics, Our Support for the Massachusetts “Minimum Size Requirements for Farm Animal Containment” Initiative
[81] « En outre, dans l’Union européenne, les pays qui ont les politiques les plus progressistes et le plus de protections gouvernementales pour le bien-être des animaux d’élevage (Autriche, Suisse, Allemagne, Suède et Royaume-Uni) ont aussi tendance à avoir un taux de végétarisme plus élevé que les pays comparables de l’UE avec des politiques moins progressistes (par exemple, la France, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande, la Finlande et la Norvège). » – Mercy For Animals, Why We Work For Policy Change
[82] Faunalytics (anciennement connu sous le nom Humane Research Council), Advocating Meat Reduction and Vegetarianism to Adults in the U.S. et Boer et al., Towards more sustainable food choices: Value priorities and motivational orientations »
[83] Troisièmement, nous avons observé de manière informelle que la couverture médiatique de ces réformes met souvent en évidence les insuffisances de l’élevage et se concentre sur ce qui viendra ensuite, plutôt que de suggérer que les réformes offrent une solution aux problèmes de l’élevage. » – Sentience Politics, Our Support for the Massachusetts “Minimum Size Requirements for Farm Animal Containment” Initiative
[84] « Les résultats de cette étude suggèrent que lire à propos d’un changement d’une politique d’entreprise ou une réforme législative améliorant les conditions des animaux d’élevage incite les consommateurs à réduire leur consommation de produits animaux connexes. » – Mercy For Animals, Welfare Reforms and Meat Consumption
[85] Brian Tomasik, A Small Mechanical Turk Survey on Ethics and Animal Welfare et Jacy Reese, Testing the Effectiveness of Animal Advocacy Messages with Amazon Mechanical Turk
[86] «Tonsor et Olynk ont trouvé une corrélation négative statistiquement significative de la demande à court terme (changement de la demande au même trimestre que la publication d’un article de journal), et avec la demande de porc et volaille à long terme (la demande ayant changé au cours du trimestre suivant la publication d’un article de journal).» – Animal Charity Evaluators, Models of Media Influence on Demand for Animal Products
[87] Voir, par exemple, Joshua Miller, Egg prices set to rise after EU battery cage hen ban et Price of bacon set to soar as producers are hit by new EU animal welfare laws
[88] Voir, par exemple, Mass. ballot question could raise the price of eggs et Conner Mullally et Jayson L. Lusk, The Impact Of Farm Animal Housing Restrictions on Egg Prices, Consumer Welfare, and Production in California
[89] « Les militants contre l’esclavage se sont d’abord concentrés sur l’abolition du commerce transatlantique des esclaves (1787-1807), puis, après une accalmie, ont brièvement travaillé sur plusieurs réformes sociales modérées dans l’intérêt explicite de l’émancipation progressive (1823-1824). Puis, voyant que ces réformes échouaient à aider les esclaves, ils changèrent rapidement de cible pour l’émancipation, et l’attinrent (les femmes ont commencé à cibler émancipation immédiate en 1826, les jeunes militants ont repris cette cible en 1830 et l’émancipation avec un délai de quatre ans a été atteinte en 1833). » – Kelly Witwicki, Social Movement Lessons From the British Antislavery Movement, section “Institutional Reform”
[90] «Les militants contre l’esclavage ont principalement promu un changement substantiel, puis ensuite l’élimination de toute l’industrie. Les plus petites réformes dans lesquelles les militants étaient impliqués, qui se sont produites après l’abolition, ont été explicitement qualifiés d’«atténuation» dans l’intérêt de «l’abolition progressive de l’esclavage» et n’ont pas été présentées comme les objectifs premiers des militants. » – Kelly Witwicki, Social Movement Lessons From the British Antislavery Movement, section “Institutional Reform”
[90] «Les militants contre l’esclavage ont principalement promu un changement substantiel, puis ensuite l’élimination de toute l’industrie. Les plus petites réformes dans lesquelles les militants étaient impliqués, qui se sont produites après l’abolition, ont été explicitement qualifiés d’«atténuation» dans l’intérêt de «l’abolition progressive de l’esclavage» et n’ont pas été présentées comme les objectifs premiers des militants. » – Kelly Witwicki, Social Movement Lessons From the British Antislavery Movement, section “Institutional Reform”
[91] « En 1830 [vingt-trois ans après l’abolition de la traite transatlantique des esclaves en 1807 et trois ans avant la loi de 1833 sur l’abolition de l’esclavage], un consensus s’était dégagé parmi les responsables gouvernementaux, selon lequel le programme d’amélioration avait échoué même dans les colonies où la réforme aurait dû être la plus facile. L’agenda des réformes avait connu au moins autant de frustrations que de triomphes. De nouveaux progrès nécessiteraient des décrets en conseil. Peu après, une conclusion similaire était atteinte concernant les vieilles colonies. »- Caroline Quarrier Spence, Ameliorating Empire
[92] « La pression croissante pour la réforme a rallumé le mouvement anti-esclavage. Beaucoup de jeunes membres de la Société Londonienne pour l’Atténuation et l’Abolition Graduelle de l’État d’Esclavage dans les Dominions Britanniques en avaient assez de l’atténuation et du gradualisme. Espérant que la réforme pourrait rendre le Parlement plus réactif, ils ont poussé à une autre grande mobilisation de l’opinion publique contre l’esclavage. Bien qu’aucun d’entre eux ne reconnaisse ouvertement l’influence d’une femme, l’exemple d’Elizabeth Heyrick a été puissant. Comme elle, ils voulaient que l’esclavage cesse maintenant. « – Adam Hochschild, Bury the Chains
[93] « La pression des activistes sur les détaillants alimentaires a conduit à une victoire quelque peu abrupte [en 1998] quand Iceland Foods, une chaîne de supermarchés basée au Royaume-Uni, a annoncé qu’elle cesserait d’utiliser des ingrédients issus d’OGM dans ses propres produits. L’annonce d’Iceland Foods a déclenché une cascade d’annonces similaires de la part d’autres détaillants européens. Les entreprises qui renonçaient aux OGM comprenaient «pratiquement toutes les grandes chaînes de supermarchés et fabricants de produits alimentaires du continent, ainsi que les îles britanniques» … En 1999, les opinions publiques sur les OGM en Europe et aux États-Unis s’étaient détériorées. Presque tous les pays de l’UE ont vu l’opposition aux OGM augmenter de 1996 à 1999, la plupart du temps d’un nombre à deux chiffres. La France est passée de 46% à 65%, la Grèce de 51% à 81%, la Grande-Bretagne de 33% à 51%. Pour contexte, cela est comparable au taux auquel le soutien au mariage entre personnes de même sexe a augmenté dans les données de l’Enquête sociale générale des États-Unis de 2010 à 2014. » – J. Mohorčich, What can the adoption of GM foods teach us about the adoption of other food technologies?, citant en partie Rachel Schurman et William Munro, Fighting for the Future of Food: Activists versus Agribusiness in the Struggle over Biotechnology.
[94] Nous définissons approximativement un «accord majoritaire significatif» comme un accord à 80 % parmi les 20 personnes qui, selon nous, ont examiné le plus soigneusement ces questions. Nos affirmations étaient à l’origine basées sur les meilleures estimations, mais en juin 2017, nous avons interrogé 21 de ces personnes, et constaté un accord des 15 personnes ayant répondu pleinement à notre questionnaire. Voir cet article de blog pour plus d’informations.
[95] « Humanewash » est défini par analogie avec « greenwash », qui signifie « désinformation diffusée par une organisation afin de présenter une image publique écologiquement responsable. » – Oxford Dictionary
[96] « Nous partageons les préoccupations de certains militants selon lesquelles les changements légaux ou de politique d’entreprise qui réduisent la souffrance des animaux d’élevage, mais ne remettent pas directement en cause leur utilisation comme propriété ni ne réduisent leur nombre, risquent d’induire une certaine complaisance dans le public. La société pourrait être rendue plus à l’aise avec notre traitement encore déplorable de ces animaux, ce qui réduirait notre capacité à effectuer des changements positifs pour les animaux à long terme. De nombreux militants sont particulièrement concernés par le «humanewashing», comme l’étiquetage des produits dont la production implique des souffrances animales sévères avec des termes et des images qui trompent les consommateurs en leur faisant croire que les animaux mènent une vie heureuse. » Sentience Politics, Our Support for the Massachusetts “Minimum Size Requirements for Farm Animal Containment” Initiative
[97] «Certaines recherches ont documenté des preuves d’équilibrage moral (Nisan, 1991), ou l’observation que le fait de s’engager dans un comportement éthique ou non éthique à un moment donné réduit la probabilité d’adopter de nouveau ce comportement dans une situation ultérieure (Merritt, Effron et Monin, 2010, Sachdeva, Iliev et Medin, 2009). Par exemple, Khan et Dhar (2006) ont montré qu’après s’être engagés à aider un étudiant étranger, les participants étaient moins disposés à donner de l’argent à des œuvres caritatives. » – Cornelissen et al, Rules or Consequences? The Role of Ethical Mind-Sets in Moral Dynamics.
Notez qu’il existe également des preuves de l’effet inverse, la cohérence morale. En contraste à la recherche sur l’équilibre moral, il existe une longue tradition de recherche sur la cohérence comportementale (Cialdini, Trost et Newsom, 1995, Festinger, 1957, Taylor, 1975), y compris pour la recherche dans le domaine moral (Foss & Dempsey, 1979; Thomas et Batson, 1981). Ce travail suggère qu’après s’être engagé dans un acte éthique ou contraire à l’éthique, les individus sont susceptibles de se comporter de la même manière plus tard. Par exemple, Gino, Norton et Ariely (2010) ont démontré que les participants qui portaient des lunettes de soleil contrefaites étaient plus susceptibles de tricher, comparativement aux participants qui portaient des lunettes de soleil de marque. Cornelissen, Pandelaere, Warlop et Dewitte (2008) ont constaté que le fait de rappeler à des individus leurs efforts précédents pour la protection de l’environnement a provoqué plus de comportement proenvironmental ultérieur. « 
[98] « 75% des adultes américains déclarent qu’ils achètent habituellement des produits animaux provenant d’animaux traités humainement », malgré des estimations suggérant que moins de 1% des animaux d’élevage américains vivent dans des fermes non industrielles. Cela suggère un effet de refuge psychologique où les gens justifient leur consommation de produits animaux en supposant à tort qu’ils mangent de la nourriture produite éthiquement. » – Jacy Reese, Survey of US Attitudes Towards Animal Farming and Animal-Free Food October 2017
[99] La prévalence de cette justification suggère que mettre en évidence les problèmes de l’élevage animal soi-disant respectueux pourrait être une stratégie de communication efficace.
[100] «Nous concluons donc que la couverture médiatique entourant Prop 2 n’a pas causé une diminution de la demande pour les œufs en général.» – Animal Charity Evaluators, Models of Media Influence on Demand for Animal Products
Traduction depuis https://www.sentienceinstitute.org/foundational-questions-summaries

Sommaire du corpus

Introduction
Vaut-il mieux parler de protection des animaux, d’écologie ou de santé humaine ?
S’intéresser à d’autres luttes ou se concentrer sur la question animale ?
Confrontation ou non-confrontation ?
Faut-il faire varier les éléments de communication ?
Communication polémique Vs. Autres tactiques
Faut-il s’adresser aux individus ou aux institutions ?
Faut-il cibler les influenceurs ou la population en général ?
Doit-on s’affirmer de gauche ou être non partisan ?
Les réformes welfaristes donnent-elles une dynamique ou enlisent-elle le mouvement ?
Approche réductionniste ou véganiste ?
Doit-on viser un changement social ou technologique ?
3 questions « méta » et une liste de questions complémentaires :
[meta] Focus sur les animaux d’élevage OU les animaux sauvages OU l’antispécisme en général 
[meta] Focus sur le long terme ou le court terme 
[meta] Mouvements sociaux OU essais randomisés contrôlés  OU intuition/spéculation/anecdotes OU constats externes
Questions moins explorées
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