Approche gradualiste de la sentience

L’approche binaire et l’approche graduelle

La description de la réalité peut se faire d’une infinité de tendances comprises entre deux pôles :

Le premier pôle désigne la description la plus primitive et la moins fine, qui consiste à voir les choses de manière binaire. Une chose est bleue ou elle ne l’est pas. Un objet est une casserole ou ne pas l’être. Une chose est éthiquement mauvaise ou bonne. Un individu est doué de sentience ou non. Cette manière simple de décrire le réel peut permettre en première approximation de trancher les cas simples : les tomates ne sont ni bleues, ni des casseroles.

Le second pôle désigne une manière plus fine de concevoir le réel, en considérant que tout concept descriptif est entouré de zones grises, et que de part et d’autre de ce que désigne exactement le concept “bleu” se trouve un continuum de “plus ou moins bleu”. Un objet peut par exemple être considéré comme étant plus ou moins une casserole. Ceci peut être évidemment étendu à l’éthique (par exemple conséquentialiste) : une action est plus ou moins bonne suivant si elle provoque plus ou moins de souffrances ou de joies. Il est ici intéressant de noter que “plus ou moins de souffrances” peut se concevoir comme la prise en compte d’au moins deux autres facteurs eux aussi graduels : le nombre de souffrances et l’intensité de chaque souffrance.

La sentience est elle une caractéristique binaire ou graduelle ?

La sentience désigne la conscience phénoménale : la capacité de vivre des expériences subjectives, des sensations. Le concept de sentience est central dans l’animalisme car un être sentient ressent la douleur, le plaisir, et diverses émotions ; ce qui lui arrive lui importe. Ce fait lui confère une perspective sur sa propre vie, des intérêts (à éviter la souffrance, à vivre une vie satisfaisante, etc.), voire des droits (à la vie, au respect…). Ces intérêts et ces droits impliquent l’existence des devoirs moraux de notre part envers les autres êtres sentients.

Cette sentience peut être définie de manière expérimentale suivant différents critères (détaillés dans un commentaire de P. Sigler reproduit ci-dessous* et dans un chapitre de La Révolution Antispéciste). Il est donc possible qu’un individu satisfasse uniquement certains de ces critères. Certains gastéropodes ont par exemple montré une capacité à avoir une conscience affective, sans forcément avoir une conscience unifiée de leur environnement. De plus, chaque critère peut être plus ou moins bien satisfait : par exemple le nombre de connexions neuronales peut être plus ou moins élevé, une capacité d’apprentissage peut être plus ou moins forte (en terme de complexité maximale du comportement appris et du nombre d’expériences nécessaires à l’apprentissage, par exemple).

Nous faisons toutes quotidiennement l’expérience de l’intensité relative de nos sensations. Nous pouvons avoir une conscience aigüe d’une douleur après la rencontre de notre petit orteil et d’un coin du meuble, comme avoir une conscience diffuse d’une gêne due à la présence d’un gravier dans notre chaussure. Au delà de la perception sensorielle, nous pouvons ressentir une violente colère envers les designers de meubles ou un vague ressentiment envers un possible créateur ayant placé tant de nerfs dans les petits orteils.

Dans Révolution antispéciste, Pierre Sigler conclue sur ce point :

“Il faut bien garder à l’esprit que la conscience n’est pas un “tout ou rien”. Il y a certainement un monde entre les premières sensations éprouvées par les proto-poissons du Cambrien et la richesse émotionnelle des vertébrés actuels, entre les premiers états mentaux fugaces d’un fœtus et sa vie intérieure quelques années plus tard.”

La caractéristique “sentience” d’un individu n’est donc pas une donnée binaire. La sentience est une caractéristique graduelle. Un animal peut être plus ou moins sentient, même si quelques animaux comme les éponges ou les moules sont plus proches du zéro absolu sur l’échelle de la sentience. Les intérêts (propres) des animaux découlant de leur sentience sont donc eux aussi plus ou moins nombreux et plus ou moins intenses. Il s’ensuit que l’idée antispéciste de donner la même valeur à des intérêts identiques indépendamment de l’espèce de l’individu ne signifie pas qu’il faut porter autant d’égards à tous les individus sentients.

L’intérêt pratique pour le mouvement animaliste d’une position gradualiste

S’éloignant d’une posture égalitariste envers les individus, qui n’est de toute façon appliquée par personne (voir à ce sujet l’Argumentaire contre “l’antispécisme”), l’approche gradualiste n’est pas une position abstraite ou impossible à tenir. Le propos ici n’est pas de prétendre que l’intuition ou “ce qui est” doit justifier “ce qui devrait être”, mais quasiment toutes les antispécistes agissent comme si elles adhéraient à une approche gradualiste. En tant que pilier du mouvement pour les droits des animaux, l’antispécisme doit convaincre. Or, avoir une position éthique intuitive, potentiellement applicable et correspondant à nos actes est un avantage certain pour convaincre !

Une approche gradualiste de la sentience permet de plus de résoudre simplement certaines objections opposées fréquemment aux animalistes :

  • la posture gradualiste peut difficilement être qualifiée de dogmatique, étant donné qu’elle évalue de manière pondérée la valeur éthique de chaque individu;
  • l’antispécisme allié à une approche gradualiste ne met pas au même niveau la valeur éthique de la vie humaine et celle d’un moustique, ces individus n’ayant pas le même degré de sentience;
  • l’antispécisme allié à une approche gradualiste de la sentience ne revient pas à discriminer arbitrairement entre les animaux et les autres règnes, vu que l’approche gradualiste met en évidence les raisons de différenciation au sein du même règne qui peuvent être aussi bien appliquée entre des formes de vies de différents règnes;
  • un acacia peut éventuellement réagir à un contact physique ou communiquer (presque aussi bien que le ferait un smartphone), mais son niveau de sentience est plus proche de celui de la moule que du sanglier et présente une palette restreinte (ou même nulle, au delà du doute raisonnable) d’intérêts conscients, ce qui justifie éthiquement une différence de traitement.

Enfin, l’approche gradualiste n’est pas un spécisme déguisé : il ne s’agit aucunement d’une discrimination basée sur l’espèce, les individus au sein d’une même espèce pouvant avoir des degré de sentience très différents (un cochon adulte et en bonne santé battant sur quasiment tous les critères des humains nouveaux nés ou en état de coma). En réponse à une définition plus contestable du spécisme, certains critères de détermination de la sentience (nombre de connexion neuronales, attention sélective, …) ne placent pas non plus forcément l’espèce humaine au sommet du palmarès.

*Les moules sont-elles sentientes ? Réponse de P. Sigler :
Ce sont des animaux, mais elles ne sont pas sentientes. Elle ne répondent à aucun des critères évolutifs, neurologiques et comportementaux de la sentience.
Prenons l’exemple d’indices neurologiques :
– Au moins 4 couches de neurones dans les circuits sensoriels : non
– Représentation isomorphique de l’environnement : non
– Forte interconnexion des neurones : non
– Neurones longs et ramifiés : non
– Combinaison de réseaux imbriqués et non imbriqués : non
– Complexité du système nerveux : non
– Circuits noradrénergiques ou cholinergiques : non
Ou les indices comportementaux :
– Conditionnement opérant : non
– Capacité de faire des arbitrages pour maximiser son bien être : non
– Attention sélective : non
– Modification durable du comportement en cas de stimulus nociceptif : non
– Sensibilité aux analgésiques : non
– Signes de frustration : non
– Capacité de s’administrer un médicament : non.
Etc, etc. J’ai consacré un chapitre dans « La révolution antispéciste » à la question « Qu’est-ce que la conscience ? » et je n’ai pas trouvé plus de preuve de sentience des moules que des plantes.
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19 commentaires sur “Approche gradualiste de la sentience

  1. Je suis assez d’accord sur le fond mais bon, citer Singer sur ce sujet me dérange pas mal vu qu’il a quand même utilisé le cas des personnes handicapées mentales « lourdes » à l’appui de son gradualisme. En les comparant à des animaux. En sous-estimant leur propre sentience supposée inférieure aux NT par des observations extérieures superficielles et biaisées. En les jugeant selon des critères sociaux NT. Par exemple leur supposée incapacité à être athlètes est (1) fausse (si tant est qu’on crée un contexte adapté) et (2) un critère basé sur la « réussite sociale » valide NT qui ignore que réussir sa vie peut prendre d’autres voies pour les non valides

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    1. Preuve s’il en était besoin qu’il y a encore du chemin à faire en terme de tact, de prudence, de vérification des argumentaires… Je constate souvent que l’idée de « handicap mental lourd » n’est que peu définie, il faudrait probablement mieux parler de capacités en elle même plutôt que d’un état supposé homogène ou définissant la personne (je sais pas si je suis très claire : mais comparer des aptitudes plutôt que comparer des personnes). Mais c’est un peu le souci avec les exemples des cas marginaux, le but est de montrer qu’il est absurde de ne pas se préoccuper de tous les êtres sentients, mais ça comporte des risques. Généralement j’évite de présenter les choses comme ça du coup, je préfère me focaliser sur les critères eux-même. Dans l’exemple que tu donnes sur le fait d’être athlètes est intéressant, ça dépend évidemment de la définition de l’athlétisme, mais aussi du type de handicap… Je crois qu’en général dans les argumentaires on prend volontairement les cas de handicap lourd avec un nombre de fonctions extrêmement réduits etc. On devrait discuter plus souvent de la façon dont c’est ok ou non d’argumenter de cette façon. Peut être organiser des espaces d’échange, ou des espaces où écouter des personnes NA là dessus

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      1. Moi j’avoue je suis assez catégorique, je trouve qu’on doit pas utiliser le handicap et les personnes non-valides… comme argument dans des démonstrations, comparaisons etc pour autre chose.
        En plus là c’est pour comparer la valeur de la vie, ce qui est quand même inadmissible vu l’histoire des euthanasies, stérilisations forcees, meurtres, gens laissés mourir de faim dans la rue, lobotomies… Visant notamment les personnes « handicapées intellectuelles » (et aussi les « fous » et les autistes entre autres).

        Et le concept de « handicap intellectuel » consiste en effet à regrouper des personnes avec un bas QI et certaines capacités cognitives, sociales et/ou émotionnelles inférieures (ou semblant inférieures) aux NT, en vrac de façon arbitraire. En vrai il y a plein de conditions différentes mises dans ce fourre tout (la trisomie 21, les effets d’une maladie, lésion ou manque d’oxygène à la naissance, l’alcool foetal, le X fragile, parfois l’autisme si non verbal etc etc).
        En plus il y a une énorme mentaphobie sur ces personnes dont on suppose connaître le « niveau » sur des apparences biaisées (en vrai on en sait TRES PEU) et qu’on perçoit souvent à tort comme moins sensible à la douleur, aux blessures émotionnelles, à la peur, incapables de comprendre et perçevoir ce qui arrive autour d’elles, d’avoir une identité de genre ou une sexualité (perçu.es comme « hétéro par défaut » mais sans sexualité et comme cisgenres), etc

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      1. (sinon je suis évidemment d’accord avec la conception gradualiste de la sentience, et des capacités en général, qui non seulement sont graduelles plutôt que binaires mais sont pas nécessairement corrélées entre elles, varient selon l’individu et le contexte… Ce qui rejoint le militantisme antivalidiste pour le coup car pour les non valides aussi il y a toujours ce truc de « tu peux le faire OU tu peux pas point », « si tu es intelligent.e dans un domaine tu dois réussir partout » etc etc, ainsi qu’une mentaphobie un peu similaire à celle sur les animaux)

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    2. Bonjour,

      Je suis très flatté que vous me confondiez avec Peter Singer, mais je suis quelqu’un de différent^^
      Singer n’a jamais abordé la question du gradualisme de la sentience. Sur les handicapés mentaux lourds, Singer ne dit pas qu’ils sont moins sentients, il traite d’autres capacités mentales qui participent à l’intérêt à vivre (comme la conscience de soi, la capacité à avoir des relations sociales et des projets, etc). Pour ce faire il ne s’est absolument pas fondé sur des observations » superficielles et biaisées », il s’est fondé sur la recherche la plus pointue de l’époque, en travaillant notamment avec des praticiens et des chercheurs à Melbourne. Il a même fondé le « Centre for Human Bioethics » pour réunir les meilleurs spécialistes d’Austrialie.

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      1. Oui enfin la « recherche la plus pointue de l’époque » était clairement validiste (et la quasi totalité de la recherche psychiatrique est descriptive au niveau superficiel et pleine de biais validistes encore aujourd’hui) tout comme l’idée que les handi mentaux n’ont pas de conscience de soi ou de capacité sociale ou d’anticipation. Et tout comme le fait de juger de l’intelligence par les capacités de communication. Et tout comme le fait de comparer personnes handi et animaux non-humains. Bref tout est problématique dans cette théorie.

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      2. Qu’est-ce que tu appelles le « validisme », troll de jardin ? J’ai l’impression que pour certains, dire qu’un handicap est un handicap (et que du coup, toute chose égales par ailleurs, mieux vaut ne pas avoir de handicap qu’en avoir) est déjà validiste.

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      3. Déjà tu raisonne en termes de « avoir un handicap » (handicap comme intrinsèque à la personne), comme font les valides et les médecins en général. Pourtant les mouvements de personnes concernées (antipsychiatrie, mouvement autiste, neurodiversité, militantisme sourd, militantisme des handicapés moteurs…) raisonne en fonction du modèle social. Cad que le handicap est une situation crée par l’intersection entre les particularités de la personne et un contexte inadapté, stigmatisant, violent et excluant. C’est pour ça qu’on dit « personne en SITUATION de handicap ». Parce que c’est une situation et non une caractéristique.

        Donc la phrase « Il vaut mieux ne pas avoir de handicap qu’en avoir un », sous entendu il vaut mieux avoir un cerveau et un corps valides, est problématique oui.
        On a pas tous envie d’être valides. Par exemple il existe des cultures sourdes et beaucoup de personnes sourdes ne souhaitent pas devenir valides. La plupart des autistes ne veulent pas cesser de l’être (notamment car c’est indissociable de la personnalité). Une partie des schizophrènes, bipolaires, anxieux, dépressifs… est dans une optique d’aller mieux en gérant mieux, en apprenant à vivre avec de façon plus saine (ce qui est possible dans les bonnes conditions), mais pas de « guérir » en devenant « normaux ». C’est le cas aussi de certains malades chroniques physiques (voir la chaîne Vivre Avec, de Margot, qui a le SED). Bref non on veut pas tous être valides, non c’est pas forcément mieux d’être valides. Par contre on veut que nos besoins de survie, santé et dignité soient respectés (sans avoir justement à devenir valides pour ça).

        Mais ici c’est pas le sujet de toute manière. Le sujet c’était que comparer personnes non valides et animaux non humains est très irrespectueux (quelle que soit l’intention) et qu’en plus cette comparaison précise avec les « handicapés mentaux lourds » s’appuie sur une vision cliché de ces personnes (qui en réalité ont une conscience de soi et de leur environnement, des capacités de planification et d’anticipation, des aspirations pour le futur, des capacités de communication même si différentes des valides…) et que juger les personnes non valides sur leur capacité à communiquer comme font les valides est problématique (on reproche aux autistes qui savent pas communiquer comme les valides d’avoir un déficit mais on reproche rien aux valides qui savent pas communiquer avec les autistes ou parler la langue des signes; on a longtemps considéré les sourds, muets et autistes non verbaux comme « débiles car ils parlent pas », etc etc).

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      4. Si je me teint les cheveux en rouge, je dirais que J’AI les cheveux rouges (ou teints en rouge), je ne dirais pas que mes cheveux sont en situation (provisoire) de rougeur. Je n’implique pas avec le verbe avoir que la couleur rouge est intrinsèque à mes cheveux ou une caractéristique essentielle de mes cheveux. Idem pour plein d’autres expressions avec le verbe avoir : j’ai la grippe, j’ai mal à la tête, j’ai envie de ratatouille, j’ai la pêche ou le moral dans les chaussettes, etc.

        Je me méfie toujours quand on invoque « les concernés ». Les gens qui invoquent l’opinion des « concernés » ne livrent jamais des sondages d’opinion mais l’avis de groupes militants, avis légitime mais qui n’est pas représentatif, ou pas nécessairement, de l’ensemble des concernés.

        Je me méfie aussi de l’opposition binaire concernés/non concernés. Tout le monde l’est, à des degrés divers. Dans les concernés par le handicap il y a l’entourage, il y a les parents, la famille, et même l’ensemble de la société (qui finance la sécu, les rampes d’accès, doit aménager des postes pour les travailleurs handicapés, etc.). Élever un enfant handicapé est définitivement plus difficile que d’élever un enfant valide, malgré l’aide de la sécu ou de l’éducation nationale (avec les AVS et les classes ULIS) ou des associations. Penser qu’élever un enfant souffrant d’IMC (pour prendre un exemple que je connais) est difficile uniquement à cause de la société, ou que l’enfant aimerait être valide uniquement à cause de « l’oppression validiste » c’est juste aberrant, pour moi.

        Irrespectueux, pourquoi ? Quand c’est un spéciste qui fait la comparaison, OK, mais un antispéciste ? Les humains sont des animaux, et les animaux non humains ne sont pas des sous-êtres méprisables.

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  2. Merci pour cet article éclairant qui va probablement me servir régulièrement dans des débats ! Je crois qu’on gagnerait à bétonner un peu plus nos approches de la sentience, car devant des contradicteurs un peu calés en biologie par exemple, on se trouve souvent dans l’incapacité à définir les critères qui la constituent, ses mécanismes etc, et on peut vite nous coincer sur certains aspects

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  3. Certains antispécistes utilisent cette approche de la sentience gradualiste pour se justifier de bouffer des moules ou des insectes, c’est un peu chaud ça aussi on dirait que dès que la sentience ne sera pas prouvée pour une espèce animale ils vont se jeter dessus pour la bouffer :/

    en faisant ça dans une société spéciste ça renforce juste l’idée que les animaux sont là pour être mangés, comme si s’en prendre à une seule espèce animale c’était tous les condamner.

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    1. Je trouve qu’expliquer pourquoi on mange des moules quand on est antispéciste (ce qui n’est pas mon cas, je n’ai jamais aimé ça), peut justement mieux faire comprendre pourquoi on s’abstient du reste.
      Sortir d’un véganisme puriste est dogmatique devrait permettre de faire comprendre aux gens qu’on est pas dans une démarche de choix personnel ou de dogme, comme les gens le pensent trop souvent.

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